Pietro della Vecchia est un des protagonistes majeurs de la peinture vénitienne du dix-septième siècle, dont l’œuvre abondante aborde tous les sujets, religion, histoire, genre, ou encore têtes
d’expression. Sa première œuvre datée remonte à 1620, et témoigne de l’influence de Carlo Saraceni et Jean Leclerc, qui importent à Venise un clair-obscur hérité de leurs années dans la mouvance caravagesque à Rome.
Il intègre vers 1625 l’atelier de Padovanino (1588-1648), continuateur de la tradition de la Renaissance, et principalement de la manière de Titien ; cette influence le marquera durablement, et aboutira à une production de faux Giorgione ou Titien, dont il faisait commerce, en association avec son beau-père, le peintre Nicolas Régnier (1591-1667). Sous l’influence du génois Bernardo Strozzi (1581-1644), installé à Venise, il éclaircit sa palette avec des coloris éclatants. De
1640 à 1674, il produit les modèles des mosaïques à réaliser pour la basilique Saint-Marc, puis réalise divers grands cycles religieux pour Venise, Trévise, ou d’autres églises de Vénétie.
Héraclite, philosophe antique, pessimiste et mélancolique est fréquemment apparié à Démocrite,
justement représenté par della Vecchia dans un tableau de dimensions très proches du nôtre (96,5 x 73 cm, collection privée parisienne, n° 123 du catalogue raisonné de l’artiste publié par Bernard
Aikema ; Pietro della Vecchia and the heritage of the Renaissance in Venice, Florence, 1990), au point que l’on est tenté d’y voir le pendant de notre toile.