
Le CloĂźtre de l'Art
Ă propos de nous
FondĂ© en 2021 par SalomĂ© Fischer (membre du SLAM et du SNCAO-GA, laurĂ©ate du Prix Marcus 2025), Le CloĂźtre de Art est une galerie parisienne situĂ©e au 16 rue de Grange BateliĂšre, dans le 9Ăšme arrondissement, au cĆur du Quartier Art Drouot, partagĂ©e avec la galerie Artwins. Un espace chaleureux et intemporel oĂč lâart ancien sâallie Ă la modernitĂ©, apportant Ă notre clientĂšle une ogive de beautĂ© et de grĂące.
Dâesprit symboliste et mystique, la galerie du CloĂźtre de lâArt propose une sĂ©lection de dessins et gravures, de peintures et dâobjets dâart majoritairement des XIXĂšme et XXĂšme siĂšcles (Maurice Chabas, Louis Janmot, Charles-Clos Olsommer, Victor ProuvĂ©), pĂ©riodiquement mis en dialogue avec des artistes contemporains partageant cet univers (Elen Bezhen, Harold Hermann, Sasha Katz, StĂ©phanie Montagut).
EncadrĂ©s avec soin et originalitĂ©, la gaitĂ© poĂ©tique du style Liberty Art Nouveau cĂŽtoie la spiritualitĂ© de lâĂcole Lyonnaise et Nabi, le tout contrastĂ© par les mystĂšres du symbolisme franco-belge et du folklore de lâĂąme slave.
Les Ćuvres prĂ©sentĂ©es sont le fruit de recherches comparatives approfondies, mettant en lumiĂšre un contexte de crĂ©ation historique, littĂ©raire ou stylistique particulier. Valorisant des artistes parfois tombĂ©s dans lâoubli, la galerie du CloĂźtre de lâArt publie chaque annĂ©e un Ă deux catalogues monographiques ou thĂ©matiques Ă lâoccasion de salons et dâexpositions tels : « Camille-Auguste Gastine, Le DĂ©vot de la ligne », « Symbolisme au FĂ©minin », « Bretagne Mystique ».
La galerie est prĂ©sente dans des foires dâart Ă Paris dont le Salon du Livre Rare & Arts Graphiques au Grand Palais et Moderne Art Fair place de la Concorde. Câest avec plaisir quâelle participe Ă lâĂ©dition dâAntica Fine Art fair Ă Namur, en Belgique.
Produits et services

Odon MOIRET (Budapest, 1883 â Vienne, 1966)- Figure Mystique
Sculpteur, architecte et mĂ©dailleur. Odön Moiret sâest formĂ© Ă Budapest, Vienne et Bruxelles. A partir de 1906, il participe Ă des expositions internationales et devient ensuite professeur Ă lâĂcole polytechnique de Budapest. Le style et les thĂšmes de sa statuaire souvent symbolistes sont directement influencĂ©s par lâesprit de lâĂcole de Gödöllö. De toutes les colonies dâartistes inspirĂ©es par les idĂ©aux de John Ruskin et William Morris, celle de Gödöllo, prĂšs de Budapest, Ă©tait celle qui se rapprochait le plus des principes de lâArts and Crafts. La Transylvanie Ă©tait la principale source dâinspiration des artistes de Gödöllo et leurs designs dâintĂ©rieur reflĂ©taient la recherche dâun nouvel art national. Odön Moiret, sâinscrivant dans ce courant, rĂ©alise de nombreuses mĂ©dailles, frises, ensembles dĂ©coratifs sculptĂ©s et projets architecturaux. La Galerie Nationale Hongroise Ă Budapest possĂšde des bas-reliefs, des plaquettes et plus de cent esquisses de cet artiste. Notre pastel, de profil, fait Ă©cho Ă cette production. Le visage, de profil vers la gauche, reprĂ©sente une figure aux yeux clos confĂ©rant une expression de recueillement et de ferveur religieuse. EnveloppĂ©e dans un drapĂ© bleu royal intense qui couvre sa tĂȘte, ses mains sont jointes ou croisĂ©es sur la poitrine, dans un geste de priĂšre. Le contraste de couleurs trĂšs fort et dramatique, dessine une aurĂ©ole lumineuse jaune crĂ©ant un effet de rayonnement spirituel tandis que lâarriĂšre-plan foncĂ© parsemĂ© de petites Ă©toiles Ă©voque un ciel nocturne ou un espace cosmique. Dâun style brut et texturĂ©, lâartiste utilise des couleurs vives et audacieuses avec un trait marquĂ©, donnant Ă lâensemble une force Ă©motionnelle et une intensitĂ© mystique, Ă la frontiĂšre entre Symbolisme et SĂ©cession Viennoise

Georges von HOESSLIN - Vierge au Papillon - (Budapest, 1851â Munich, 1923)
Cosmopolite et voyageur dĂšs sa venue au monde, Georges von Hoesslin est issu dâune famille patricienne dâAugsbourg. Il naĂźt Ă Budapest ou son pĂšre se trouvait en voyage dâaffaires, puis grandit aux Ătats-Unis oĂč son pĂšre Theodor lui fait suivre une formation commerciale. En 1871, ĂągĂ© de vingt ans, il sâinitie Ă la discipline du dessin Ă Munich auprĂšs dâAlexander StrĂ€huber Ă lâĂcole des arts appliquĂ©s et Ă lâAcadĂ©mie des Beaux-Arts.. La monumentalitĂ© progressive de sa peinture tĂ©moigne dâune libĂ©ration artistique.. Ses compositions frappent par leur gravitĂ©, parfois sĂ©vĂšre, qui laisse pourtant affleurer une sensibilitĂ© mĂ©lancolique et rĂȘveuse. Chef dâĆuvre symboliste, notre tableau reprĂ©sente la Vierge en MajestĂ© trĂŽnant sur un siĂšge dâor, Ă©lĂ©ment empruntĂ© Ă la fois Ă lâart byzantin et au Jugendstil. RevĂȘtue dâune longue robe rouge aux drapĂ©s soyeux et chatoyants, un linge blanc couvre sa tĂȘte et ses Ă©paules.. Adoptant une expression Ă la fois sĂ©rieuse, douce et mĂ©lancolique, cette Madone aux yeux clairs tient sur ses genoux un livre noir, en rĂ©fĂ©rence Ă la Bible et aux Tables de la Loi, symboles de la connaissance des mystĂšres. Assis Ă ses pieds sur le piĂ©destal, se trouve un Enfant JĂ©sus nu Ă la chevelure rousse, lui offrant de sa main gauche tendue une pomme, Ă la fois Ă©cho au fruit dĂ©fendu du Jardin dâĂden et prĂ©figuration du sacrifice du Christ. Sur la gauche, on distingue un papillon multicolore volant dans le bleu, symbolisant lâĂąme et la RĂ©surrection. Cette scĂšne mystĂ©rieuse se dĂ©roule dans un paysage montagneux non moins irrĂ©el. LâarriĂšre-plan supĂ©rieur, dominĂ© par des pics montagneux dâun bleu profond et sombre, crĂ©e un contraste saisissant avec le ciel dorĂ©, Ă©voquant le sacrĂ© et lâĂ©ternitĂ©. En bas, une mer de nuages cotonneux suggĂšre lâaltitude des deux protagonistes,. VĂ©ritable Ă©piphanie, Sa Vierge au Papillon transcende lâiconographie religieuse pour offrir une mĂ©ditation poĂ©tique sur lâĂąme, lâart et lâĂ©ternitĂ©.

Ernest FAUT (Gand, 1879 â Louvain, 1961) OrphĂ©e et Eurydice sâenvolant avec PĂ©gase
FormĂ© Ă lâAcadĂ©mie de Bruxelles auprĂšs du peintre symboliste Constant Montald, Ernest Faut Ă©tudie ensuite Ă lâAcadĂ©mie de Louvain sous lâenseignement du sculpteur Constantin Meunier. Empreintes de mĂ©lancolie, ses oeuvres prĂ©sentent toutes une technique forte modulĂ©e par une palette chromatique dĂ©licate et sensible, toute en clair-obscur. Dans les annĂ©es 1930, son Ćuvre se compose principalement des scĂšnes symbolistes au style Art Nouveau. Devenu professeur puis directeur durant quarante ans jusquâen 1944 Ă lâAcadĂ©mie de Louvain, les Ćuvres dâErnest Faut sont exposĂ©es dans plusieurs musĂ©es belges, notamment le MusĂ©e des Beaux-Arts de Gand et le MusĂ©e des Beaux-Arts de Louvain. InĂ©dits, cet ensemble exceptionnel de quatre dessins monumentaux Ă la technique prĂ©cieuse et dĂ©licate relate la tragĂ©die amoureuse dâOrphĂ©e et dâEurydice. Ayant inspirĂ© de nombreuses Ćuvres dâart, de musique et de littĂ©rature Ă travers les siĂšcles, ce rĂ©cit symbolise la force de lâamour, la douleur de la perte et la fragilitĂ© de la condition humaine. ImprĂ©gnĂ© par lâIdĂ©alisme Ă©sotĂ©rique de Jean Delville, Faut choisit ici de rĂ©interprĂ©ter le mythe sous une lumiĂšre biblique. ĂlĂ©gantes et androgynes, ses figures nĂ©o-grecques reflĂštent une quĂȘte de spiritualitĂ© et dâĂ©ternitĂ©. Leurs corps Ă la ligne serpentine oscillent entre puretĂ© et sensualitĂ©. EmportĂ©e dans les cieux par PĂ©gase, Eurydice couronne ici tristement son amant. Blanc cheval ailĂ© et divin, PĂ©gase incarne la libertĂ© et lâĂ©lĂ©vation, ses ailes lui permettant de sâĂ©lever au-dessus des problĂšmes terrestres et dâatteindre des hauteurs spirituelles. Souvent associĂ© aux Muses, PĂ©gase est aussi considĂ©rĂ© comme un emblĂšme de lâinspiration poĂ©tique et de la crĂ©ativitĂ©. Quant Ă sa robe blanche elle indique la puretĂ© et lâinnocence. CrĂ©ature immortelle, elle constitue un symbole de transcendance. Cette iconographie sâinscrit dans le dĂ©veloppement dâun art qualifiĂ© dâIdĂ©aliste, proche du Symbolisme.

Ălisabeth SONREL (1874, Tours â 1953, Sceaux) Le Sommeil de la Vierge
Issue de la bourgeoisie provinciale, Elisabeth Sonrel se forme trĂšs tĂŽt, Ă Tours, auprĂšs de son pĂšre Nicolas-StĂ©phane puis Ă Paris Ă lâAcadĂ©mie Julian auprĂšs de Jules LefĂšbvre qui lâinfluence dans son goĂ»t pour les portraits de femmes symbolistes. Admiratrice de la Renaissance et en particulier de Botticelli, elle expose dĂšs 1893 au Salon, des Ćuvres assez fidĂšles Ă lâesprit du maĂźtre florentin, mĂ©langeant des caractĂšres symbolistes, mystiques, allĂ©goriques, dans une palette aux tons doux et pĂąles, avec des vierges et des anges, traitĂ©s dans un style assez Ă©tirĂ©, Ă©voluant dans des paysages arborĂ©s aux troncs trĂšs allongĂ©s et aux feuillages simplifiĂ©s. Mais elle nâappartient pas au mouvement symboliste proprement dit, et ne semble pas avoir de liens avec des artistes comme Alphonse Osbert ou Maurice Denis. Lâinfluence des prĂ©raphaĂ©lites anglais est Ă©galement palpable. A la toute fin des annĂ©es 1890, elle Ă©volue vers lâArt Nouveau, avec des Ćuvres parfois proches de Mucha, aux coloris trĂšs contrastĂ©s Notre aquarelle est soit lâĆuvre prĂ©sentĂ©e au Salon, soit une version prĂ©paratoire. Les critiques du Salon mentionnent en effet Ă lâĂ©poque une « grande aquarelle ». Notre dessin, bien que dâun format respectable, correspond-il rĂ©ellement Ă cette description subjective ? Nous penchons plutĂŽt pour lâhypothĂšse dâun modello, dâautant plus que la feuille porte la date de 1894. Le sommeil de la Vierge fut rĂ©compensĂ© par le Prix Henri Lehmann, un prix triennal, dĂ©cernĂ© par lâAcadĂ©mie des Beaux-Arts et dâune valeur de 3 000 Francs, destinĂ© Ă lâencouragement de bonnes Ă©tudes classiques en faveur dâun peintre de moins de 25 ans. Le dessin fut acquis Ă titre personnel par le PrĂ©sident FĂ©lix Faure et, reflet de son succĂšs, il donna lieu Ă de nombreuses reproductions Ă lâĂ©poque. LâimpĂ©ratrice russe Alexandra FĂ©odorovna possĂ©dait dâailleurs une reproduction de notre aquarelle, accrochĂ©e dans son Salon Mauve du palais de Tsarkoe Selo, et qui a disparu lors de la seconde guerre mondiale.

Arthur LAUBLIN (Mons, 1900 â Blaregnies, 1987) Ascension Lunaire
Artiste belge Ă redĂ©couvrir, peintre de scĂšnes allĂ©goriques et de portraits, dessinateur et dĂ©corateur, Arthur Laublin est Ă©lĂšve dĂšs 1919 Ă lâAcadĂ©mie de Mons dâĂmile Motte, Alfred Duriau et Louis GreuzeIl. Il complĂšte sa formation Ă lâAcadĂ©mie de Bruxelles auprĂšs de Jean Delville, Constant Montald et Anto-Carte, trois importants peintres symbolistes qui exercĂšrent sur lui une profonde influence. Lâartiste devient ensuite professeur dâarts graphiques Ă lâAcadĂ©mie de Mons de 1925 Ă 1961 et membre du Bon Vouloir. DĂšs 1914, le groupe de Mons sâaffirme comme un cercle jeune, ouvert Ă toutes les tendances novatrices et Ă toutes les techniques artistiques. Sans en ĂȘtre membre, un second mouvement artistique influence la carriĂšre de Laublin : celui du groupe Nervia, mouvement pictural wallon trĂšs influent dans les annĂ©es 30 dont le nom fait rĂ©fĂ©rence aux Nerviens, une ancienne tribu gauloise opposĂ©e Ă CĂ©sar. Pourvus dâĂ©videntes qualitĂ©s techniques, ces artistes wallons refusent lâavant-garde Ă tout prix, et prĂŽnent un art harmonieux et idĂ©aliste, dĂ©fendant une figuration entre rĂȘve et rĂ©alitĂ©. Le jeune Laublin sâinscrit avec cette peinture idĂ©aliste dans la veine nervienne dont tĂ©moigne notre femme lunaire. DrapĂ©e dâun floral voile botticellesque aux bleus oiseaux magrittiens, cette SĂ©lĂ©nĂ© moderne au modelĂ© surrĂ©aliste fascine par lâĂ©trangetĂ© de son symbolisme protĂ©iforme. Au-delĂ de lâiconographie, lâimage vaut par sa prĂ©sence. Laublin le dĂ©montre en modulant avec virtuositĂ© sa palette chromatique des bleus vifs aux roses selon de subtiles nuances dâune douce blancheur vaporeuse et nuageuse. Avec sa longue chevelure blonde dĂ©nouĂ©e et ses yeux clos, cette jeune beautĂ© nous Ă©lĂšve vers un au-delĂ onirique. CrĂ©ation artistique et dĂ©lectation esthĂ©tique se rejoignent ici dans une mĂȘme introspection contemplative au terme de laquelle la matiĂšre apparaĂźt spiritualisĂ©e.