

Galerie Charles Ratton & Guy Ladrière
À propos de nous
La Galerie Charles Ratton et Guy Ladrière est installée dans le "Carré Rive Gauche" depuis une quarantaine d'années, d'abord rue de Beaune puis 11 quai Voltaire, mais existe depuis plusieurs dizaines d'années sur la rive droite, 14 rue de Marignan.
Charles Ratton commence sa carrière au lendemain de la Grande Guerre et acquiert très vite une réputation internationale de marchand et d'expert, tant en art médiéval qu'en "Arts premiers", sans pour autant ignorer l'art vivant, puisqu'il organise en 1936 la première « exposition surréaliste d'objets ».
Avec Guy Ladrière, les intérêts de la galerie s'étendent aux périodes de la Renaissance et de l'âge baroque, sculptures, objets d'art, mais aussi peintures et dessins, intérêts partagés par sa fille Sandrine, qui a rejoint la Galerie en 2001.
La Galerie a régulièrement participé à la Biennale des Antiquaires, à Paris et à la Foire Internationale des Antiquaires de Belgique, à Bruxelles, depuis plusieurs années elle organise des expositions de sculptures, peintures et dessins dans ses locaux agrandis du quai Voltaire.
La Galerie participe à Fine Arts Paris depuis sa création.
Produits et services

Vase à deux anses
FRANCE XVIe siècle Marbre noir H : 54 cm ; diam : 13 cm

Josse François Joseph Leriche (Mons, 1738 – 1812), attribué à Famille chinoise Terre-cuite avec une patine argentée ; hauteur : 26 cm ; largeur : 34 cm ; profondeur : 13 cm
C’est à Mons, en Belgique, province de Hainaut, que voit le jour Josse François Leriche en 1738. Après une formation auprès d’Etienne Falconet (1716-1791) il intègre, en 1757 la manufacture de porcelaine de Sèvres en tant que sculpteur et occupe ce poste jusqu’en 1768. Il devient alors modeleur pour prendre, en 1780, le poste de chef des sculpteurs tout le reste de sa carrière (jusqu’en 1801). Quarante-trois années de service à la Manufacture royale de porcelaine lui auront permis de développer son art du modelé. Ce beau groupe en terre-cuite à patine argentée en est d’ailleurs un très bon témoin. Il représente un chinois, son épouse et leur enfant qui s’accroche à la robe de sa mère. A leurs pieds, des poules picorent les grains. Faut-il voir ici une allégorie des fruits d’un mariage, produisant du grain qui permet de faire manger la maisonnée ? Cela n’est pas certain. A la manufacture de Sèvres, Leriche développe une suite de personnages et de scènes en lien avec le théâtre, loisir très en vogue dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Il ne manque pas de représenter les grands acteurs comme Préville, dans le rôle de Figaro. Notre groupe s’inspire plutôt de la vogue pour la Chine qui a cours tout au long du XVIIIe siècle et notamment à partir des années 1730 dans le sillage des décors de Christophe Huet (1700-1759) pour le château de Chantilly (1737), avec la diffusion des modèles gravés par François Boucher (1703-1770), Gabriel Huquier (1695-1772) ou encore avec les suites gravées par Jean-Baptiste Pillement (1728-1808). Le groupe en terre cuite que nous présentons se rapproche d’un autre groupe similaire, vendu chez Christie’s le 15 novembre 1984 (lot 318). Il était signé et daté : « j. Leriche fec. 1785 », ce qui pourrait nous permettre de dater notre œuvre aux alentours de cette date-là. Le sujet pourrait être inspiré des cartons pour la tenture chinoise dessinés par François Boucher pour être exécutés en tapisserie à la manufacture de Beauvais.

PIETRO della VECCHIA (Vicence 1603- Venise 1678) HERACLITE Huile sur toile (rentoilage ancien) Hauteur : 97, 5 cm Largeur : 70 cm
Pietro della Vecchia est un des protagonistes majeurs de la peinture vénitienne du dix-septième siècle, dont l’œuvre abondante aborde tous les sujets, religion, histoire, genre, ou encore têtes d’expression. Sa première œuvre datée remonte à 1620, et témoigne de l’influence de Carlo Saraceni et Jean Leclerc, qui importent à Venise un clair-obscur hérité de leurs années dans la mouvance caravagesque à Rome. Il intègre vers 1625 l’atelier de Padovanino (1588-1648), continuateur de la tradition de la Renaissance, et principalement de la manière de Titien ; cette influence le marquera durablement, et aboutira à une production de faux Giorgione ou Titien, dont il faisait commerce, en association avec son beau-père, le peintre Nicolas Régnier (1591-1667). Sous l’influence du génois Bernardo Strozzi (1581-1644), installé à Venise, il éclaircit sa palette avec des coloris éclatants. De 1640 à 1674, il produit les modèles des mosaïques à réaliser pour la basilique Saint-Marc, puis réalise divers grands cycles religieux pour Venise, Trévise, ou d’autres églises de Vénétie. Héraclite, philosophe antique, pessimiste et mélancolique est fréquemment apparié à Démocrite, justement représenté par della Vecchia dans un tableau de dimensions très proches du nôtre (96,5 x 73 cm, collection privée parisienne, n° 123 du catalogue raisonné de l’artiste publié par Bernard Aikema ; Pietro della Vecchia and the heritage of the Renaissance in Venice, Florence, 1990), au point que l’on est tenté d’y voir le pendant de notre toile.