

Galerie Artwins
À propos de nous
Spécialisée dans la peinture symboliste et nabi, la galerie Artwins, fondée par Caroline Thieffry, vous propose des œuvres soigneusement sélectionnées pour leurs qualités plastiques et historiques.
Implantée au 16, rue de la Grange Batelière, à Paris, aux côtés du Cloître de l’Art, l’intention de la galerie, outre le fait de présenter des grands noms de ces mouvements, est également de permettre à certains artistes oubliés de retrouver leurs lettres de noblesse. Les écoles françaises, belges, suisses et autrichiennes y sont largement défendues.
Membre du Syndicat des Négociants en Art (SNA), et du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne (SLAM), la galerie a eu l'honneur d'exposer au Salon du Livre Rare et des Arts Graphiques à deux reprises : en 2023 au Grand Palais Éphémère, puis en 2024, au Carreau du Temple. En décembre 2023, la galerie a eu le privilège de recevoir le premier 'Prix Marcus', créé à l'initiative du SNCAO-GA. Remis par Stéphane Bern, il récompense les jeunes marchands pour leurs actions en faveur de la valorisation et de la préservation du patrimoine.
Artwins a ensuite eu l'honneur d'avoir été sélectionnée pour exposer à FAB (Fine Arts / La Biennale) sur le stand des 'jeunes talents' en novembre 2024, au Grand Palais, à Paris.
Depuis 2021, plusieurs œuvres de notre sélection ont pu rejoindre de nombreuses collections privées ou publiques, notamment, celles du Musée de l’Oise (MUDO) ou du Virginia Museum of Fine Arts (VMFA).
Produits et services
Georges de FEURE, La ferme blanche
Georges de FEURE (Paris 1868-1943) La ferme blanche circa 1905 huile sur toile 50 x 65 cm Fils d’un architecte néerlandais, Georges de Feure naît à Paris en 1868. Sa carrière débute comme illustrateur de journaux. En 1900, la découverte de ses intérieurs et objets décoratifs pour le pavillon Art nouveau Bing à l’Exposition universelle lui assurent une renommée internationale. Imprégné de la pensée symboliste, il incarne ce mouvement. En 1903, une première rétrospective lui est consacrée chez Siegfried BIng ; 155 peintures, aquarelles et lithographies côtoient une grande variété d'objets décoratifs et parmi elles, une cinquantaine de paysages de De Feure sont présentés. Il apparaît alors comme un paysagiste de talent. L'évolution la plus surprenante de l'art de De Feure est sans conteste sa peinture de paysage. Bien qu'une œuvre sobrement intitulée Paysage ait été présentée dans les Aquarelles de Georges de Feure près de dix ans plus tôt et que l’île de Walcheren ait été exposée au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts en 1896, il s'agissait de la première et de la plus importante présentation de telles œuvres, plus de cinquante d’entre elles dominant l'exposition. René Puaux estimait même qu'il s'agissait de la « plus récente révélation de l'artiste ». À partir de ce moment, ce sont presque systématiquement des paysages que l’artiste choisit d'exposer. Marqué par l’influence de l'art japonais, De Feure, selon le critique René Puaux, « a appliqué la merveilleuse technique japonaise au paysage européen et a créé un style nouveau ». Un bon nombre de ceux répertoriés dans le catalogue étaient des vues de Bois-le-Roi, mais nous pouvons affirmer sans nul doute que le nôtre représente un paysage flamand, tant il en porte les caractéristiques. Il est par ailleurs possible de le rapprocher d’une vue de la même région, que Puaux avait reproduit dans Les Œuvres de Georges de Feure en 1903.
Henri GUINIER, La Nymphe Erato
Henri GUINIER (Paris 1867-1927 Neuilly-sur-Seine) La Nymphe Erato 1896 huile sur toile 84 x 65 cm ; 106 x 86 cm Henri Guinier entre à l'Ecole des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne sur les conseils de son père et en sort ingénieur en 1886. Passionné de peinture, il se forme ensuite aux côtés de Jules Lefebvre et de Benjamin-Constant. Son succès est fulgurant. Prix de Rome en 1893, il est ensuite médaillé en 1896, en 1898 puis en 1900, où il reçoit une médaille d'argent à l'Exposition Universelle. En 1907, le prix Henner lui est décerné. Membre fondateur du Salon d'Automne, il expose régulièrement au Salon des Artistes français, du début des années 1890 jusqu’à sa mort. Il découvre la Bretagne en 1902, au cours d'un séjour à Bréhat, après avoir suivi les conseils de son ami Fernand Le Gout-Gérard, qui lui avait vanté la beauté du site de Concarneau. Contrairement aux artistes tels que Rivière ou Guérin, qui s’attachent davantage aux paysages ou aux scènes bretonnes pittoresques, Guinier se fait portraitiste et dépeint la Bretagne à travers la figure humaine. La Cornouaille finistérienne, Le-Faouët et les Côtes-d’Armor lui inspirent également des sujets allégoriques. Les légendes bretonnes côtoient des influences mythologiques, comme en témoigne le tableau qui vous est présenté. Érato, l’une des neuf muses, patronne de la poésie lyrique et érotique nous est présentée dans la fraîcheur d’une forêt dense et apaisante. Dénudée, elle recouvre son épaule d’une étole pourpre et tient dans sa main gauche son attribut : une lyre, qui lui a été donnée par Hermès. Travaillé en clair-obscur, son visage est magnifié par l’auréole rousse et flamboyante que constitue sa chevelure, coiffée d’une couronne de laurier. En 1896, Henri Guinier réalise cette toile, dont il expose L’étude de tête au salon de 1896 sous le n° 984. Le tableau l’Automne, proche du nôtre par sa thématique et sa composition, est aujourd’hui conservé au Musée d’Orsay.

Georges Jules Victor CLAIRIN, Portrait présumé de Sarah Bernhardt dans le rôle de Jeanne d'Arc
Georges Jules Victor CLAIRIN (Paris 1843 – 1919 Belle-Ile-en-Mer) Portrait présumé de Sarah Bernhardt dans le rôle de Jeanne d'Arc circa 1890 huile sur toile 91 x 50 cm ; 114 x 74 cm signé ‘G. Clairin’ en bas à gauche au verso : porte deux étiquettes collées l’une sur l’autre et peintes Georges Clairin et Sarah Bernhardt (1844-1923) : ces deux noms, souvent présentés côte à côte, sont connus de la culture populaire. L’immense tragédienne aux multiples talents et l’artiste ont entretenu, leur vie durant, une relation intime impérissable. Rapidement devenue le sujet principal de ses œuvres, il la représente tantôt dans les innombrables rôles qu’elle incarne, tantôt dans des poses plus intimes. En 1888, Sarah Bernhardt interprète Jeanne d’Arc dans la pièce de Jules Barbier, rôle qu’elle endosse une seconde fois en 1909, dans ‘Le procès de Jeanne d’Arc’ d’Émile Moreau. Plusieurs feuilles de Georges Clairin la représentant comme telle nous sont parvenues. L’artiste semble avoir fait le choix d’une interprétation personnelle du costume porté par l’actrice, comme nous pouvons l’observer sur la feuille conservée au Musée d’Orsay (RF MO AG 2014 3 11). Il en fait plusieurs études, tantôt en armure, tantôt dans un costume très proche du nôtre. Sur ce dessin, comme dans notre tableau, Sarah Bernhardt est représentée debout, dans une robe à la lourde étoffe, certainement faite de velours. Sa main gauche est posée sur sa hanche, tandis que de l’autre, elle brandit fièrement un étendard flottant au vent, orné de fleurs de lys. Dans notre tableau, la pose est tout simplement inversée. Brandissant de la main gauche un étendard, l’actrice est ici dépeinte comme une guerrière déterminée, prête à guider ses troupes et à sauver son pays. Tout laisse à penser que l'œuvre a été présentée à l’Exposition française à Moscou en 1891, comme l’indiquent les informations encore visibles au verso du cadre, sur l’étiquette du transporteur.
Frantz CHARLET, Quai à Gand
Frantz CHARLET (Bruxelles 1862 - 1928 Paris) Quai à Gand circa 1885 fusain sur papier 45 x 54,5 cm signé 'F. Charlet' en bas à gauche Frantz Charlet étudie d’abord à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, auprès de Jean-François Portaels. À Paris, il a pour maîtres Jules Lefebvre, Carolus-Duran et Jean-Léon Gérôme. Membre du groupe de l’Essor, il devient, aux côtés de James Ensor et de Théo Van Rysselberghe l’un des fondateurs du célèbre groupe bruxellois d’avant-garde, les Vingt. En 1885, il traverse la Belgique et voyage en Hollande aux côtés de James Whistler. Déjà séduit par le divisionnisme de Seurat et de Signac, qu’il côtoiera par la suite, ce voyage marque un tournant dans l’évolution de son style, auquel il apporte une touche plus libre et des coloris plus clairs. Il est d’ailleurs probable que notre dessin ait été réalisé lors de ce dernier. À Paris, l’artiste expose chez Georges Petit, ainsi qu’aux différents Salons de la Société Nationale des Beaux-Arts, dont il sort primé, puis médaillé en 1885. Considéré comme l’un des peintres les plus importants de la nouvelle école belge, plusieurs institutions muséales dudit pays (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles ; Musée Royal des Beaux-Arts, Anvers) conservent certaines de ses œuvres. Ce dessin figure un canal de Gand, bordé d’immeubles et traversé par un pont. Par un maillage serré de hachures, Charlet restitue une atmosphère diffuse où l’eau, l’architecture et les silhouettes humaines se fondent dans une vibration commune. La sensibilité lumineuse de l’ensemble évoque par certains aspects les recherches atmosphériques d’Henri Le Sidaner.