
Le Cloître de l'Art
À propos de nous
Fondé en 2021 par Salomé Fischer (membre du SLAM et du SNCAO-GA, lauréate du Prix Marcus 2025), Le Cloître de Art est une galerie parisienne située au 16 rue de Grange Batelière, dans le 9ème arrondissement, au cœur du Quartier Art Drouot, partagée avec la galerie Artwins. Un espace chaleureux et intemporel où l’art ancien s’allie à la modernité, apportant à notre clientèle une ogive de beauté et de grâce.
D’esprit symboliste et mystique, la galerie du Cloître de l’Art propose une sélection de dessins et gravures, de peintures et d’objets d’art majoritairement des XIXème et XXème siècles (Maurice Chabas, Louis Janmot, Charles-Clos Olsommer, Victor Prouvé), périodiquement mis en dialogue avec des artistes contemporains partageant cet univers (Elen Bezhen, Harold Hermann, Sasha Katz, Stéphanie Montagut).
Encadrés avec soin et originalité, la gaité poétique du style Liberty Art Nouveau côtoie la spiritualité de l’École Lyonnaise et Nabi, le tout contrasté par les mystères du symbolisme franco-belge et du folklore de l’âme slave.
Les œuvres présentées sont le fruit de recherches comparatives approfondies, mettant en lumière un contexte de création historique, littéraire ou stylistique particulier. Valorisant des artistes parfois tombés dans l’oubli, la galerie du Cloître de l’Art publie chaque année un à deux catalogues monographiques ou thématiques à l’occasion de salons et d’expositions tels : « Camille-Auguste Gastine, Le Dévot de la ligne », « Symbolisme au Féminin », « Bretagne Mystique ».
La galerie est présente dans des foires d’art à Paris dont le Salon du Livre Rare & Arts Graphiques au Grand Palais et Moderne Art Fair place de la Concorde. C’est avec plaisir qu’elle participe à l’édition 2025 d’Antica Fine Art fair à Namur, en Belgique.
Produits et services

Arthur LAUBLIN (Mons, 1900 – Blaregnies, 1987) Ascension Lunaire
Artiste belge à redécouvrir, peintre de scènes allégoriques et de portraits, dessinateur et décorateur, Arthur Laublin est élève dès 1919 à l’Académie de Mons d’Émile Motte, Alfred Duriau et Louis GreuzeIl. Il complète sa formation à l’Académie de Bruxelles auprès de Jean Delville, Constant Montald et Anto-Carte, trois importants peintres symbolistes qui exercèrent sur lui une profonde influence. L’artiste devient ensuite professeur d’arts graphiques à l’Académie de Mons de 1925 à 1961 et membre du Bon Vouloir. Dès 1914, le groupe de Mons s’affirme comme un cercle jeune, ouvert à toutes les tendances novatrices et à toutes les techniques artistiques. Sans en être membre, un second mouvement artistique influence la carrière de Laublin : celui du groupe Nervia, mouvement pictural wallon très influent dans les années 30 dont le nom fait référence aux Nerviens, une ancienne tribu gauloise opposée à César. Pourvus d’évidentes qualités techniques, ces artistes wallons refusent l’avant-garde à tout prix, et prônent un art harmonieux et idéaliste, défendant une figuration entre rêve et réalité. Le jeune Laublin s’inscrit avec cette peinture idéaliste dans la veine nervienne dont témoigne notre femme lunaire. Drapée d’un floral voile botticellesque aux bleus oiseaux magrittiens, cette Séléné moderne au modelé surréaliste fascine par l’étrangeté de son symbolisme protéiforme. Au-delà de l’iconographie, l’image vaut par sa présence. Laublin le démontre en modulant avec virtuosité sa palette chromatique des bleus vifs aux roses selon de subtiles nuances d’une douce blancheur vaporeuse et nuageuse. Avec sa longue chevelure blonde dénouée et ses yeux clos, cette jeune beauté nous élève vers un au-delà onirique. Création artistique et délectation esthétique se rejoignent ici dans une même introspection contemplative au terme de laquelle la matière apparaît spiritualisée.

Élisabeth SONREL (1874, Tours – 1953, Sceaux) Le Sommeil de la Vierge
Issue de la bourgeoisie provinciale, Elisabeth Sonrel se forme très tôt, à Tours, auprès de son père Nicolas-Stéphane puis à Paris à l’Académie Julian auprès de Jules Lefèbvre qui l’influence dans son goût pour les portraits de femmes symbolistes. Admiratrice de la Renaissance et en particulier de Botticelli, elle expose dès 1893 au Salon, des œuvres assez fidèles à l’esprit du maître florentin, mélangeant des caractères symbolistes, mystiques, allégoriques, dans une palette aux tons doux et pâles, avec des vierges et des anges, traités dans un style assez étiré, évoluant dans des paysages arborés aux troncs très allongés et aux feuillages simplifiés. Mais elle n’appartient pas au mouvement symboliste proprement dit, et ne semble pas avoir de liens avec des artistes comme Alphonse Osbert ou Maurice Denis. L’influence des préraphaélites anglais est également palpable. A la toute fin des années 1890, elle évolue vers l’Art Nouveau, avec des œuvres parfois proches de Mucha, aux coloris très contrastés Notre aquarelle est soit l’œuvre présentée au Salon, soit une version préparatoire. Les critiques du Salon mentionnent en effet à l’époque une « grande aquarelle ». Notre dessin, bien que d’un format respectable, correspond-il réellement à cette description subjective ? Nous penchons plutôt pour l’hypothèse d’un modello, d’autant plus que la feuille porte la date de 1894. Le sommeil de la Vierge fut récompensé par le Prix Henri Lehmann, un prix triennal, décerné par l’Académie des Beaux-Arts et d’une valeur de 3 000 Francs, destiné à l’encouragement de bonnes études classiques en faveur d’un peintre de moins de 25 ans. Le dessin fut acquis à titre personnel par le Président Félix Faure et, reflet de son succès, il donna lieu à de nombreuses reproductions à l’époque. L’impératrice russe Alexandra Féodorovna possédait d’ailleurs une reproduction de notre aquarelle, accrochée dans son Salon Mauve du palais de Tsarkoe Selo, et qui a disparu lors de la seconde guerre mondiale.

Ernest FAUT (Gand, 1879 – Louvain, 1961) Orphée et Eurydice s’envolant avec Pégase
Formé à l’Académie de Bruxelles auprès du peintre symboliste Constant Montald, Ernest Faut étudie ensuite à l’Académie de Louvain sous l’enseignement du sculpteur Constantin Meunier. Empreintes de mélancolie, ses oeuvres présentent toutes une technique forte modulée par une palette chromatique délicate et sensible, toute en clair-obscur. Dans les années 1930, son œuvre se compose principalement des scènes symbolistes au style Art Nouveau. Devenu professeur puis directeur durant quarante ans jusqu’en 1944 à l’Académie de Louvain, les œuvres d’Ernest Faut sont exposées dans plusieurs musées belges, notamment le Musée des Beaux-Arts de Gand et le Musée des Beaux-Arts de Louvain. Inédits, cet ensemble exceptionnel de quatre dessins monumentaux à la technique précieuse et délicate relate la tragédie amoureuse d’Orphée et d’Eurydice. Ayant inspiré de nombreuses œuvres d’art, de musique et de littérature à travers les siècles, ce récit symbolise la force de l’amour, la douleur de la perte et la fragilité de la condition humaine. Imprégné par l’Idéalisme ésotérique de Jean Delville, Faut choisit ici de réinterpréter le mythe sous une lumière biblique. Élégantes et androgynes, ses figures néo-grecques reflètent une quête de spiritualité et d’éternité. Leurs corps à la ligne serpentine oscillent entre pureté et sensualité. Emportée dans les cieux par Pégase, Eurydice couronne ici tristement son amant. Blanc cheval ailé et divin, Pégase incarne la liberté et l’élévation, ses ailes lui permettant de s’élever au-dessus des problèmes terrestres et d’atteindre des hauteurs spirituelles. Souvent associé aux Muses, Pégase est aussi considéré comme un emblème de l’inspiration poétique et de la créativité. Quant à sa robe blanche elle indique la pureté et l’innocence. Créature immortelle, elle constitue un symbole de transcendance. Cette iconographie s’inscrit dans le développement d’un art qualifié d’Idéaliste, proche du Symbolisme.

Georges von HOESSLIN - Vierge au Papillon - (Budapest, 1851– Munich, 1923)
Cosmopolite et voyageur dès sa venue au monde, Georges von Hoesslin est issu d’une famille patricienne d’Augsbourg. Il naît à Budapest ou son père se trouvait en voyage d’affaires, puis grandit aux États-Unis où son père Theodor lui fait suivre une formation commerciale. En 1871, âgé de vingt ans, il s’initie à la discipline du dessin à Munich auprès d’Alexander Strähuber à l’École des arts appliqués et à l’Académie des Beaux-Arts.. La monumentalité progressive de sa peinture témoigne d’une libération artistique.. Ses compositions frappent par leur gravité, parfois sévère, qui laisse pourtant affleurer une sensibilité mélancolique et rêveuse. Chef d’œuvre symboliste, notre tableau représente la Vierge en Majesté trônant sur un siège d’or, élément emprunté à la fois à l’art byzantin et au Jugendstil. Revêtue d’une longue robe rouge aux drapés soyeux et chatoyants, un linge blanc couvre sa tête et ses épaules.. Adoptant une expression à la fois sérieuse, douce et mélancolique, cette Madone aux yeux clairs tient sur ses genoux un livre noir, en référence à la Bible et aux Tables de la Loi, symboles de la connaissance des mystères. Assis à ses pieds sur le piédestal, se trouve un Enfant Jésus nu à la chevelure rousse, lui offrant de sa main gauche tendue une pomme, à la fois écho au fruit défendu du Jardin d’Éden et préfiguration du sacrifice du Christ. Sur la gauche, on distingue un papillon multicolore volant dans le bleu, symbolisant l’âme et la Résurrection. Cette scène mystérieuse se déroule dans un paysage montagneux non moins irréel. L’arrière-plan supérieur, dominé par des pics montagneux d’un bleu profond et sombre, crée un contraste saisissant avec le ciel doré, évoquant le sacré et l’éternité. En bas, une mer de nuages cotonneux suggère l’altitude des deux protagonistes,. Véritable épiphanie, Sa Vierge au Papillon transcende l’iconographie religieuse pour offrir une méditation poétique sur l’âme, l’art et l’éternité.

Odon MOIRET (Budapest, 1883 – Vienne, 1966)- Figure Mystique
Sculpteur, architecte et médailleur. Odön Moiret s’est formé à Budapest, Vienne et Bruxelles. A partir de 1906, il participe à des expositions internationales et devient ensuite professeur à l’École polytechnique de Budapest. Le style et les thèmes de sa statuaire souvent symbolistes sont directement influencés par l’esprit de l’École de Gödöllö. De toutes les colonies d’artistes inspirées par les idéaux de John Ruskin et William Morris, celle de Gödöllo, près de Budapest, était celle qui se rapprochait le plus des principes de l’Arts and Crafts. La Transylvanie était la principale source d’inspiration des artistes de Gödöllo et leurs designs d’intérieur reflétaient la recherche d’un nouvel art national. Odön Moiret, s’inscrivant dans ce courant, réalise de nombreuses médailles, frises, ensembles décoratifs sculptés et projets architecturaux. La Galerie Nationale Hongroise à Budapest possède des bas-reliefs, des plaquettes et plus de cent esquisses de cet artiste. Notre pastel, de profil, fait écho à cette production. Le visage, de profil vers la gauche, représente une figure aux yeux clos conférant une expression de recueillement et de ferveur religieuse. Enveloppée dans un drapé bleu royal intense qui couvre sa tête, ses mains sont jointes ou croisées sur la poitrine, dans un geste de prière. Le contraste de couleurs très fort et dramatique, dessine une auréole lumineuse jaune créant un effet de rayonnement spirituel tandis que l’arrière-plan foncé parsemé de petites étoiles évoque un ciel nocturne ou un espace cosmique. D’un style brut et texturé, l’artiste utilise des couleurs vives et audacieuses avec un trait marqué, donnant à l’ensemble une force émotionnelle et une intensité mystique, à la frontière entre Symbolisme et Sécession Viennoise